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Le dimanche d'après



Le dimanche d'après
Dure, dure, la défaite, digne, digne la réaction et rapide la détente pour garder la main. La gazelle à tire d'ailes sourit à ses admirateurs.

Et pourtant, dingues, dingues, toutes ces couvertures de magazines et tous ces présidents démultipliés qui vont désormais présider à nos destinées, si tant est que derrière les croisées de l'Elysée l'on dirige autant qu'on dit.

Loin, loin, dans nos mémoires, il faut descendre pour faire remonter la sève d'un dimanche de mai.
Mais déjà, près, près, le dimanche 21 avril, séisme, descente aux enfers, choc sur les neurones.
Et si l'on égrène tous ces dimanches d'avant, c'est la droite qui se dresse dans les rues décorées où des foules se pressent sous l'envolée de l'espoir.

Encore deux dimanches de juin où les cadrans du temps vont dévoiler des dimanches prédéterminés pour un long quinquennat.

Il a changé - dit-il - nous aussi.
Le 10 mai 1981, c'était il y a longtemps et depuis des décennies maintenant, la carte de France se colore de bleu.
Il a changé dit-il – nous aussi.
Mai 68 est une page d’histoire que bien des votants d’aujourd’hui connaissent à peine, si ce n’est sous la forme de manifestations en noir et blanc.

Sans doute, nous voudrions, encore et encore, changer, modifier le cours des choses.
Il y a eu le dernier dimanche avant le coup de gong, puis dimanche dernier. En une semaine, les éléphants ont viré aux dinosaures, figés, presque couverts de salpêtre. Audibles, audibles, le sont-ils ? Décoratifs, dormeurs, déconnectés, ou diseurs d'une bonne aventure qui n’arrive jamais ?
Et la madone, vers où regarde-t-elle ? Le pourra-t-elle ?

Dors, dors, celui qui a changé veille.


Dur, dur, donc ; et si en repassant la séquence on décidait qu’elle était déliquescente.

Mais non, elle enfle, se raffermit, se dessine, et elle va courir avec nos vies désormais, s’installer dans notre paysage et chasser les anciens visages, les recouvrant du feu de l’action.

On croyait le plus dur passé. Pas si sûr, ou encore indistinct.

Le plus dur, c’est le dimanche d’après.



Dominique Rotival, 12 mai 2007



Vendredi 11 Mai 2007

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