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Sarko, où nous emmènes-tu ?



La lettre de Guy Môquet lue aux lycéens à chaque rentrée des classes pendant que le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale veillera sur les destinées du bon peuple de France ???

La pensée s’appauvrit, les mots se tordent dans une proximité douteuse et étriquée : immigration et identité nationale !

Aujourd’hui sur cette planète ronde qu’est la Terre, l’homme de demain sera citoyen du monde ou ne sera pas ! Son « identité nationale » ne lui servira de rien, s’il n’est capable d’en tirer une grandeur universelle, une ouverture au monde, qui s’accommode mal du voisinage avec le concept de « l’Immigration choisie » dont on sait qu’il n’est qu’un leurre contre la peur de l’autre, totalement irréaliste dans le monde d’aujourd’hui.
Et surtout, totalement inopportun à la grandeur de l’âme humaine

Quant à l’esprit de Guy Môquet, transcendé par le courage éternel de l’Homme qui va mourir, et qui par sa conviction même, sait que son action ne peut pas, ne sera pas, inutile par delà le temps, il est un exemple à tous les tranchants.

Le Kamikaze japonais se réclamait de la même grandeur en fonçant pour semer la mort sur les cibles américaines : la défaite a tué deux fois ces « fous de l’empereur » ; le kamikaze palestinien tue en mourant, avec toujours cette même "grandeur sacrificielle" invoquée à tort, tellement bêtement bien sûr, même si l’on peut pleurer sur son sort.
La différence est que ces gens là tuent, en mourant eux-mêmes.

Mais à voir les foules qui vénèrent aujourd’hui ces sacrifiés de la violence, la différence n’est pas si accessible que cela aux esprits meurtris, douloureux, appauvris et mal éduqués, pire, embrigadés dans des idéaux dévastateurs et indignes de l’humanité. Le contraire du sacrifice de Guy Môquet qui n’a pas tué ! Le contraire du sacrifice de cet enfant qui est courageux, sans emphase, qui ne se réclame de rien d'autre que de la réalité de son courage expérimenté dans sa chair, dont le papier nous laisse la preuve intangible, avant que les balles ne le transpercent. Mais les contours de la dignité humaine se diluent si facilement dans la violence et le sacrifice.

La mort d’un enfant de 17 ans, fût-ce pour l’honneur de la France, est un événement bien trop violent pour être mis en exergue « à la rentrée » comme cela ! Comme un terrible drapeau !
Elle demande, explications, réflexions. Les mots de cet enfant sont si innocents, si modestes pour contenir toute la dignité de l’humanité.

Il n’y a que les esprits démagogues pour imposer aux groupes de tels mots, qui ne peuvent être ressentis que dans l’intimité de soi, dans la prise de conscience, seul, ou en travaillant avec d’autres à comprendre l’Histoire.

Il n'y a que les esprits démagogues pour créer de l'emphase boursoufflée et dangereuse avec la dignité d'une vie qui va mourir, justement immense dans sa modestie, jetée en pature et exhibée pour on ne sait quel but grossièrement dessiné.

Bonne rentrée, les enfants !


Oh, comme j’ai mal à mon pays, aujourd’hui.



PM, 16 mai 2007

Lettre d’adieu de Guy Môquet.

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy

Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !


Mercredi 16 Mai 2007

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